conférence : la RSE dans la mode

Le 7 novembre se tenait une conférence sur la RSE dans la mode, organisée par Muriel Chariglione, fondatrice d’Accessories Production Agency, et Anne Parisot, fondatrice d’Aptimium, société de conseil en gestion pour les TPE du prêt-à-porter. Le panel d’experts regroupait Sandra Wielfaert, experte en RSE dans la mode, Thomas Eberhard, responsable Paris & Europe du Nord chez la Tannerie Bodin-Joyeux, entreprise du Patrimoine Vivant, Caroline Lejamble, fondatrice de Greeny Bird Dress, Raphaël Hara, consultant en impact investing et stratégies RSE, et Caroline Mondon, de l’Association Française de Supply Chain Management (Fapics).

 

No alternative text description for this image

 

Des impacts environnementaux à l’insécurité au travail en passant par l’esclavage moderne, plus présent que l’on ne le croit dans l’industrie mondiale de la mode, la RSE est désormais un prérequis pour rester compétitif. Hier, c’était une valeur ajoutée, demain, ce sera une licence to operate, selon Sandra Wielfaert.

 

La RSE s’est souvent concentrée sur les citoyens-consommateurs. La majorité d’entre eux cependant demeurent sceptiques face aux campagnes de communication des marques, et exigent de la part de celle-ci non seulement une sincérité mais avant tout des preuves tangibles sur leur engagement.

 

Les collaborateurs, essentiels à l’entreprise, semblent négligés par les stratégies RSE, fréquemment concentrées sur la communication et non sur des actions concrètes au sein de l’organisation. Nombreux sont ceux qui attendent en vain de pouvoir aligner leurs valeurs personnelles sur l’investissement espéré de leur direction.

 

Le panel d’experts s’accorde pour dire qu’un engagement RSE n’est pas une dépense mais un investissement : il y a consensus sur le fait qu’une stratégie RSE concrète et pertinente va générer un turnover de +2% et une hausse de la productivité des collaborateurs de 13%. Travailler sur des projets porteurs de sens motive les collaborateurs, heureux de s’engager sur un sujet concret qui pourra apporter un réel changement.

 

Cependant, les entreprises doivent être capables de se positionner sur chaque sujet constituant leur engagement. Vous privilégiez le cuir véritable dans vos collections ? Soyez en mesure d’apporter des réponses et donner des arguments pour justifier votre décision, car les vidéos, aussi douteuses puissent-elles être, des associations dénonçant la cruauté envers les animaux dans les élevages, auront la capacité de remettre entièrement en question l’avis que les consommateurs pouvaient avoir sur des sujets de plus en plus sensibles. Soyez donc capables de justifier votre position et d’expliquer au consommateur les raisons de tel ou tel engagement.

 

Que l’entreprise en soit à implémenter des « quick wins », première strate de la stratégie RSE, comprenant des solutions rapides à mettre en œuvre et à faible impact, ou revoit son business model pour intégrer la RSE à sa stratégie globale d’entreprise, il est impératif que la démarche RSE soit structurée, pertinente, et avant tout serve les objectifs stratégiques. Autrement dit, aboutir à un équilibre entre écoresponsabilité et rentabilité. Pour cela, identifier les impacts environnementaux mais aussi sociaux est la première étape à toute ambition RSE. N’étant pas maître de tous les éléments inhérents à l’écoresponsabilité par exemple, l’entreprise doit choisir où agir, comment, et avec qui.

 

Car l’entreprise a, en effet, la responsabilité d’agir. Mais encore une fois, « l’entreprise », c’est tout d’abord les collaborateurs, les femmes et les hommes au centre du processus de développement et de création de richesse, qui, eux aussi, ont la responsabilité d’être maîtres de leurs propres impacts sociaux et environnementaux. Une sorte de RSE au micro-level mais dotée d’une force d’action formidable : quand on parle de sauver la planète, ce sont les actions concrètes dans la vie de tous les jours qui comptent, et ces actions-là ont le potentiel d’avoir un impact excessivement puissant sur notre futur.

share on